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Référencement: Google est «condamné» à bien faire
07/2010 - Presse
Article paru le 20.7.2010 dans les quotidiens suisses "La Tribune de Genève" et "24 Heures".
INTERNET | Le moteur de recherche numéro un est parfois critiqué pour sa trop grande puissance. Aujourd’hui, il n’a plus le droit de décevoir.
Le podium ou la mort. Dans l’économie basée sur Internet, convoiter le succès requiert de répondre à une condition sine qua non: apparaître aux premières places dans les résultats de recherche de Google. On estime aujourd’hui que le chiffre d’affaires annuel des échanges qui commencent par une requête sur ce moteur dépasse les 100 milliards de dollars. Or, le géant de Mountain View protège comme son plus grand trésor l’algorithme qui décide de l’ordre d’affichage des résultats. A peine lâche-t-il de temps à autre quelques bribes d’informations, comme il l’a fait le 8 juin pour annoncer le lancement de son système Caffeine qui permet à une page bien faite d’être visible dans le moteur de recherche quelques secondes seulement après avoir été créée. Mais selon le site spécialisé webrankinfo.com, une modification de l’algorithme, au mois de mai, s’est traduite pour certains sites – surtout dans le domaine du commerce électronique – par une baisse de 20% du nombre de visiteurs, tandis que d’autres en ont bénéficié. De là à dire que Google possède ainsi droit de vie et de mort sur la plupart des commerçants du Web, il n’y a qu’un pas que d’aucuns se sont déjà empressés de franchir.
Soigner son référencement
Des milliers de spécialistes tout autour du globe cherchent donc à percevoir les linéaments de ce fameux algorithme pour en tirer profit. «Nous savons, par exemple, qu’un commerçant aura davantage de visites et de ventes si toutes les pages de ses produits, et pas seulement sa page d’accueil, sont référencées», explique Blaise Reymondin, cofondateur à Lausanne de la société Sales Conquest, qui propose des séminaires de sensibilisation au fonctionnement des moteurs de recherche. «Pour un site de commerce richement doté en pages, la part de visiteurs qui ne passent pas par l’écran d’accueil peut atteindre 80%», précise-t-il. Et ces chalands sont aussi ceux qui achèteront le plus facilement un produit qu’ils ont découvert directement. «Mais nous expliquons à nos clients qu’ils ne peuvent pas se contenter de prier pour que Google les garde dans le haut de sa liste!»
La confiance à tout prix
Toutefois, «Google n’aurait aucun intérêt à se montrer partial», estime Stéphane Koch, spécialiste du réseau des réseaux. Pour une simple raison: tout son modèle d’affaires s’appuie sur un mot d’ordre qui est aussi un slogan: donner à l’utilisateur les informations les plus pertinentes pour qu’il puisse s’orienter dans la jungle du Net.
Pertinentes ici signifie aussi objectives: que Google occulte volontairement une partie du Net et la clientèle lui retirerait sa confiance. «Il aurait beaucoup trop à perdre, poursuit Stéphane Koch. Et un seul élément nouveau, sur le marché d’Internet, peut avoir des conséquences inattendues, comme dans la théorie du chaos.»
La place du géant n’est donc pas assurée. «Un basculement peut se produire extrêmement vite», renchérit Blaise Reymondin, qui n’exclut pas qu’un concurrent, Microsoft par exemple, puisse soudain prendre la tête de la course malgré son immense retard. «Ils ont annoncé un rapprochement entre leur moteur Bing et Facebook, susceptible d’augmenter encore la pertinence des résultats en fonction de la personnalité de celui qui émet la requête», précise-t-il.
Ce n’est donc certainement pas un hasard si les résultats trimestriels décevants de Google s’expliquent par d’énormes investissements dans la diversification de ses revenus et dans son secteur recherche et développement – en quête de toujours plus de cette sacro-sainte pertinence.
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